12 - DIEU ... MAIS QUE MARIANNE ETAIT JOLIE ...

12 - DIEU ... MAIS QUE MARIANNE ETAIT JOLIE ...
"Marianne a 5 enfants ... 4 fils qu'elle a perdus
Et le 5ème à présent qu'elle ne reconnaît plus
"
(Michel Delpech)

Ecrite il y a pourtant plusieurs décennies, cette chanson résonne aujourd'hui d'une sonorité toute particulière. Au regard des décisions politiques en cours, je trouve, en effet, que la 5ème République prend un dangereux tournant ... Et c'est reparti pour un coup de gueule politique très personnel ...


Si l'Esprit de la République, pour le moins celui de 1790, a beaucoup évolué durant le 20ème siècle, force est de constater que les missions premières de cette République sont mises à mal sérieusement. Voici une liste (qui est non-exhaustive) des incohérences de ce temps :

Instruire ... Mission première et inaliénable de la République qui implique un soin tout particulier porté à l'Ecole Publique, conformément, d'ailleurs, aux recommandations de Jules Ferry. Alors même que l'école est soumise à un audit financier sans concession, les réponses qui jaillissent semblent loin d'être "Républicaines". Il faut réformer l'Ecole ... Affirmation péremptoire qui a sans aucun doute un fond d'exactitude mais pas en faisant n'importe comment et n'importe quoi, surtout au nom des seuls impératifs comptables. Que l'école de la République ait un coût exorbitant, c'est absolument indéniable puisqu'elle constitue même le premier budget de la Nation ... De là à en déduire qu'il faut faire des coupes sombres en rationalisant ce service public au nom d'une logique coûts-avantages, il y a une sérieuse marge. "L'école n'assure plus sa mission égalisatrice en terme de chances" ... voilà une autre affirmation tout aussi exacte mais il faudrait interroger le pourquoi avant d'affirmer que cela se résout en terme budgétaire. Supprimer les Réseaux d'aide, rationaliser le nombre de postes quitte à ce que cela augmente le nombre d'élèves par classe, proposer aux jeunes une carte d'options en lieu et place des enseignements fondamentaux ... voilà autant de moyens qui ne visent certainement pas à favoriser l'égalité des chances. Les "Grands Lycées" de France, qui procèdent déjà à un recrutement implicitement sélectif, ont largement les moyens d'optimiser leur offre scolaire pour rester dans la course des voies Royales et des cursus d'élite ... autant dire que ces mesures publiques à propos de l'école (De la maternelle au Lycée) favorisent la loi d'airain de l'Oligarchie ... une élite de la République dont il ne suffit pas de catapulter les bons exemples (issus des minorités visibles) sur des postes ministériels pour prouver que "tout le monde peut réussir". La 2ème génération de l'immigration (et plus encore la 3ème !!), pourtant diplômées, rencontrent plus souvent "Le plafond de verre" que la promotion sur des postes de décision (publics ou privés). Qu'on ne vienne pas me dire qu'une école "rationalisée budgétairement" réussira mieux à une époque où la maîtrise des savoirs fondamentaux va décroissante. Comparer l'école Républicaine d'aujourd'hui à celle d'hier relève d'une facilité intellectuelle aussi simpliste que profondément inopérante. L'école d'hier était bien moins celle de la massification que celle d'aujourd'hui. L'hétérogénéité croissante du public scolaire au sein d'une même classe rend les vérités pédagogiques d'antan totalement inefficaces ... D'autres modèles sont à inventer et je ne suis absolument pas convaincu que les coupes budgétaires couplées avec la redéfinition des objectifs d'enseignement (tirant les contenus vers le bas) soit le modèle le plus souhaitable pour la République. Jules Ferry, s'inspirant de Condorcet, avait décrit l'Instruction et l'Ecole publique comme "la mission et le lieu qui honorent la République Française. Pour cette raison, nul ne saurait fouler aux pieds les principes qui dictent le cadre de cette mission". La 5ème République, turbulent enfant de Marianne, semble être gouverné par des hommes et des femmes qui ont tendance à vouloir marquer leur époque de leur empreinte bien plus que d'assurer la continuité historique de la République. C'est bien dommage car c'est l'Esprit même de la République qui est piétiné par cette remise en cause de la mission première que constitue l'Instruction et son Ecole publique ...

Soigner ... Y-a-t-il tâche plus noble et plus désintéressée que celle de porter soin aux malades. Bien que tardive, la décision d'inscrire le droit à la santé comme inaliénable au sein de la République (via la Constitution) est sans doute l'une plus belle démarche qui a valorisé la République issue des Lumières. Qu'en reste-t-il ? Une logique strictement comptable où l'on interpelle, de nouveau, la rationalisation budgétaire en réduisant la couverture financière des citoyens face aux dépenses de soins et en redéfinissant la carte territoriale des lieux de soins au risque de créer des "déserts médicaux". Il ne va pas faire bon être "vieux, malade et isolé" dans la France du 21ème siècle. L'argument populiste du "réduire les dépenses de santé parce qu'elles incombent à tous" n'a plus grand chose à voir avec l'esprit de la République et moins encore avec l'égalité des droits. On s'est offusqué de la mortalité des personnes âgées lors de la canicule de 2003 mettant en cause "l'abandon par les familles françaises de leurs vieux" ... Il serait de bon ton que l'Etat, dont l'existence est l'émanation souveraine de la Nation, soit en accord, dans sa logique de gestion publique, avec ses propos. On ne peut pas, avec légitimité, critiquer les actes des membres de la Nation pour, quelques années plus tard, agir de telle façon que les indicateurs socio-sanitaires des plus de 60 ans se détériorent fortement (cf. INSERM). Certes la protection sociale, et notamment son volet médical, devient un gouffre sans fond et peut donner l'impression d'un véritable tonneau des Danaïdes mais il s'agit surtout de la résultante de variables structurelles qui n'ont pas grand chose à voir avec la seule surconsommation médicale (même si elle existe). Arrive aujourd'hui à l'âge de la retraite une génération plus nombreuse et ce n'est que le début ... Les baby-boomers sont nés entre 1947 et 1965 (pour schématiser !!) et ils ne seront à la retraite et dans le grand âge qu'entre 2007 et ... 2025 !! Plus nombreux, dotés d'une longévité plus importante, ils vont forcément franchir en grand nombre le 3ème et surtout le 4ème âge ... périodes où les pathologies lourdes s'accroissent ... simple effet démographique ! Dans le même temps, la fin du 20ème siècle et le début du 21ème voient apparaître une multiplication des pathologies nouvelles et souvent graves imposant des traitements lourds et coûteux (SIDA, Cancers notamment ...). Autant dire que cela va grever automatiquement le budget de la branche maladie et je ne saisis pas bien en quoi une logique de rationalisation des soins et des budgets pourrait combler ces effets structurels. N'importe lequel de mes élèves de Terminale n'aurait aucun mal à démontrer cette évidence... Un rééquilibrage démographique entre cotisants et "destinataires de soins", autre effet structurel en l'occurrence, serait bien plus efficace (voire efficient) pour équilibrer les comptes de la branche maladie ... encore faut-il une politique de la famille franchement nataliste et je ne suis pas sûr que remettre en cause le congé parental ou, plus encore, rationaliser la carte hospitalière en fermant des maternités (pour absence de "rentabilité", on croît rêver !!) soit le meilleur outil d'une politique nataliste. Quant aux mesures successives de déremboursement des médicaments, j'aimerais assez que cette logique soit soumise à un véritable contrôle indépendant d'efficacité et non à une mesure administrative. Le risque sous-jacent de "refus de soins" met à mal, une fois de plus, l'égalité de chacun devant le droit à la santé ainsi qu'à l'hospitalisation (si besoin est); en d'autres termes à des principes Républicains par nature ...

Chercher ... La clé de voûte de la découverte et, accessoirement, la source indéniable de revenus si cela aboutit à des brevets. Si le projet de loi à propos de l'autonomie des Universités ne cesse de m'inquiéter tant il risque de créer des "campus à plusieurs vitesses", la logique d'évaluation des travaux des enseignants-chercheurs comme de simples gamins de collège dont on vérifie qu'ils ont fait leurs devoirs me révulse. Même si l'on peut me taxer de manque d'objectivité sur ce sujet (en tant qu'ancien enseignant-chercheur), je ne laisserais pas passer cette "mesure" sans rien dire. Outre le fait que cela risque d'induire des choix en terme de politique de recherche entre ce qui "rapporte" et ce qui ne "vaut rien" (je plains d'avance les chercheurs en sociologie !!), la réforme "envisagée" vise à "sanctionner" les chercheurs inefficaces en leur inscrivant davantage d'heures d'enseignement en lieu et place des heures de recherche. En laissant de côté l'aspect "sanction" de l'enseignement (j'ignorais qu'enseigner était une sanction mais on en apprend tous les jours !!), le plus grave reste le côté complètement incohérent et désarticulé du discours public. Comment peut-on dans le même temps prôner une logique d'investissement et de recherche de compétitivité hors-prix (discours officiel !!) alors que l'on met sous le boisseau les pratiques des chercheurs ?? Aurait-on oublier dans les sphères publiques qu'à la base de l'innovation il y a la recherche, notamment fondamentale ? ou que la recherche exige du temps et n'a pas, par principe, à obéir à une exigence de rentabilité économique immédiate ... On est exactement dans la même incohérence que celle qui avait présidé lors de la mise à la retraite "forcée" du professeur Montagnier alors même qu'il menait d'une main de maître le laboratoire de recherche sur le SIDA à l'institut Pasteur. A l'heure où il vient d'obtenir le Nobel, la République Française a basculé dans le ridicule. Il est désormais chercheur américain et ses prochaines découvertes pourront donner lieu des brevets moléculaires qui seront ... américains, autant dire que les traitements qui en seront issus vont coûter fort chers !! La 5ème république aurait-elle oublié que les pays les plus puissants sont ceux qui ont la part du PIB consacrée à la recherche la plus importante ?? La Recherche n'est pas comme un incendie ... En cas d'erreurs sur les choix entrepris, il n'y aura pas de contre-mesures et la sanction sera économique ... Voilà un argument qui devrait pourtant parler aux décideurs publics (autant qu'aux grands chefs d'entreprise français, d'ailleurs !!)


Instruire, Soigner, Chercher .... Et il y aurait bien d'autres exemples des dysfonctionnements logiques de la décision publique durant cette 5ème République. Certains ont dit, lors de l'élection présidentielle de 2007, que la 5ème République était à bout de souffle et qu'une 6ème République s'imposait ... Nouvelles bases pour une autre logique notamment politique. Si ce changement ne me sied guère (car tout bouleversement constitutionnel global est signe d'échec, cf l'histoire de France !!), il est impératif que le 5ème fils de Marianne grandisse un peu et que ceux qui gouvernent cette République sortent de leur logique d'intérêts plus ou moins oligarchiques au profit de l'intérêt général. J'impose cette priorité aux jeunes gens qui fréquentent ma salle de classe en les obligeant à ne jamais faire triompher leurs intérêts individuels lorsque le collectif pourrait en pâtir ... Ils ont 18 ans, à peine, et n'engagent pas (encore !) l'intérêt de la Nation dans leurs actes. Et pourtant ils comprennent sans difficulté pourquoi chacun doit laisser l'intérêt du plus grand nombre triompher. Il est paradoxal de considérer que des jeunes gens, à peine sortis de l'enfance, savent laisser cohabiter conscience collective et conscience individuelle ... Peut-être parce que c'est le prix du maintien de la solidarité organique dans les sociétés modernes. Plus fragile que la solidarité mécanique, elle nécessite une prise de conscience des acteurs afin que les comportements sociaux pathologiques ne triomphent pas. Curieux tout de même que les décideurs publics, souvent très prompts à critiquer la jeunesse, ne soient pas un peu plus attentifs aux façons d'être de cette jeunesse ... Ils constateraient alors que les membres de cette jeunesse ont, en tant que futurs citoyens de cette République, l'Esprit Républicain bien plus chevillé au corps ... Ces futurs citoyens pourraient même donner bien des leçons ...


A Bon Entendeur ,



Conscience du Monde

# Posté le samedi 14 février 2009 06:46

Modifié le samedi 14 février 2009 07:01

11 - LA REALITE DEAMBULE TOUJOURS SUR LES BOULEVARDS DE LA CERTITUDE ...

11 - LA REALITE DEAMBULE TOUJOURS SUR LES BOULEVARDS DE LA CERTITUDE ...
...Et cette évidence semble nous poursuivre avec une telle force que cela en devient parfois presque désespérant. Chronique terrienne du départ d'un ange, ... un de plus ...

Il est des moments où être "blindé" contre les coups du sort n'empêche pas de trouver les aléas de l'existence injustement répartis. L'unité des jeunes suicidants de Nantes n'est pas, je le reconnais, l'endroit le plus joyeux du monde et l'on peut s'attendre à ce qu'il soit l'incarnation d'un lieu au sein duquel la souffrance des jeunes s'exprime toute entière. On le sait dès le départ ... on est donc prévenu lorsqu'on y travaille. Cela n'en demeure pas moins désespérant lorsque l'on apprend, par le téléphone, qu'un jeune à peine sorti du centre (et que l'on croyait, au moins en partie, sorti d'affaire) a replongé et que cette fois, on ne le reverra pas. Il y a dans ces moments-là une foule de questions qui nous assaillent sur le "pourquoi" autant que sur le "pourquoi Lui" .

Le suicide des jeunes reste la seconde cause de mortalité de la tranche 15-25 ans après la route. J'ai l'étrange impression qu'une morbidité bien spécifique touche cette génération plus que toutes celles qui l'ont précédée. Des jeunes qui récidivent, je commence, hélas, à en avoir l'habitude mais je crois profondément que chacun de ces "départs" me touche plus que les précédents ... peut-être est-il temps que je m'éloigne de cette structure ... Voir mourir la jeunesse, et ce de façon de plus en plus violente, n'arrive plus à me laisser suffisamment "indifférent" pour que je puisse passer ces événements sous silence.

Ce jeune homme a été l'un de mes "patients". Je connais son histoire, ses doutes et ses peurs. Ce petit musicien d'à peine 20 ans avait toute la vie devant lui ... une vie certes un peu différente de celle des garçons de son âge mais j'aurais tant aimé qu'il fasse de cette différence sa force pour lui permettre de reprendre son chemin. MAIS ... Le retour à la vie réelle , il ne l'a visiblement pas supporté. Trop de regards, de commentaires plus ou moins laconiques. Coincé entre des jeunes finalement moins tolérants qu'ils ne veulent bien l'affirmer et une famille trop traditionaliste pour accepter cette différence, il s'est retrouvé prisonnier des mêmes doutes et des mêmes ombres. Seul, encore et toujours ... Cette solitude a épuisé l'énergie que nous avions pu lui rendre au Centre. Réfugié, de nouveau, dans le silence et le faux-semblant, il n'a pas pu résister à la pression du "qu'en dira-t-on". Et pourtant ... Nul homme n'est aujourd'hui assez sage pour s'ériger en juge Parfait sur la vie des autres, de cela au moins, je reste convaincu.

A tous les jeunes que la différence ou la solitude plonge dans le même univers sombre, je leur dis d'ouvrir les yeux et de ne pas hésiter à demander de l'aide. Il n'y a là rien d'infamant, juste un moment où l'on a besoin de quelqu'un pour se reposer l'âme.

La mort n'est ni une solution, ni un remède ... La parole, Elle, a tous les pouvoirs ... Alors n'hésitez pas !

Prenez soin de vous.

Conscience du Monde

# Posté le mercredi 07 janvier 2009 13:52

10 - PARCE QU'IL N'Y A QUE LES IMBECILES QUI NE CHANGENT PAS D'AVIS ...

10 - PARCE QU'IL N'Y A QUE LES IMBECILES QUI NE CHANGENT PAS D'AVIS ...
.
..et il faut bien reconnaître que l'un de mes a-priori vient d'en prendre un sérieux coup dans l'aile. En tant que "disciple" du Conservatoire et de sa formation classique, j'ai eu longtemps tendance à penser que les musiques contemporaines, celles de la jeunesse d'aujourd'hui, relevaient plus du Bruit et de la Fureur que d'une réelle volonté de création musicale. Il y a quelques temps, le Slam m'avait déjà rappelé à l'ordre sur cette fausse évidence ... C'est au tour aujourd'hui d'un groupe de jeunes chantant du Rap d'en faire de même ...

Metà-Crew ... Etrange construction italo-saxonne qui regroupe, entre autres, deux jeunes d'a peine 18 ans dont ce que j'ai pu entendre m'a filé une claque prodigieuse. Certes, c'est du rap donc on aime ou pas mais contrairement à ce que j'ai pu faire moi-même, au moins on écoute avant de juger ...

Dans ce domaine, j'en étais resté à MC SOLAAR pour qui j'ai le plus grand respect car il sait conjuguer cette nouvelle démarche musicale avec un sens prononcé de la mélodie "accrocheuse" mais aussi par sa diction et son français qui m'ont laissé relativement pantois ... Cette musique urbaine pouvait donc avoir ses Lettres de Noblesse. Ce que j'ai entendu par la suite m'a largement détourné de l'écoute de ce style musical car il y avait, effectivement, trop de bruits et de fureur ... le tout alimenté par un usage de la langue qui se complaisait dans une vulgarité de bas-étage qui n'est clairement pas de ma génération.

L'arrivée sur le site des Méta-Crew (outre le fait que j'y ai "retrouvé" un visage connu) me faisait un peu peur, je l'avoue, mais en tant que musicien, je tenais à écouter. Si effectivement il y a quelques mots qui n'appartiennent pas au langage de ma génération (mais après tout, chaque musique est de son temps), j'ai apprécié l'effort musical et la volonté de servir des idées au sein d'un texte. Je trouve que ces 2 jeunes gens sont plein de talent et, pour le moins, plein de promesses d'autant qu'ils savent visiblement déjà bien s'entourer car il y a sur le titre "On avance" une voix féminine qui, pour jeune qu'elle doit être certainement, a un côté RnB et soul que je n'ai plus entendu depuis longtemps chez une jeune demoiselle.

Ils ont un petit "quelque chose", ces jeunes gens, qui ne m'a pas laissé indifférent et j'espère qu'ils poursuivront leur route (déjà un album, ce qui n'est pas si mal comme projet commun !) sur le chemin des protest singers des années 70 , le tout au rythme des années 90-2000 ... Une musique plus urbaine mais qui peut être le support d'une réflexion de fond ...

Pour ceux qui ne sont pas totalement hermétiques au rap, voici le lien : meta-crew.skyblog.com

Bonne chance à eux

PS: Leur album "TOULOUSE-NANTES" est sorti ... A eux, la vie de saltimbanques urbains ....

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Et dans le même ordre d'idées, je viens d'écouter un jeune homme "rapper" sur un thème que l'on entend bien peu ... un hommage vibrant et émouvant rendu à ses parents ... Décidémént la nouvelle génération du Rap semble avoir bien du talent ... A écouter sur le côté droit de ce blog si cela vous intéresse car ce petit jeune homme a lui aussi un talent plus que prometteur ...

Conscience du monde

# Posté le dimanche 23 novembre 2008 12:27

Modifié le samedi 06 décembre 2008 12:58

9 - MA GENERATION PEUT "PARTIR" RASSUREE ... SON REVE S'EST REALISE

9 - MA GENERATION PEUT "PARTIR" RASSUREE ... SON REVE S'EST REALISE
Pouvais-je raisonnablement passer à côté ?

Obamania insupportable, diront certains ... Tant pis

Pour un "enfant" de Kennedy et du pasteur King, je
ne pouvais pas passer cet évènement sous silence.
Ma génération a appris par coeur "I have a Dream"
non seulement par effet de génération mais surtout par convictions ...
Les deux hommes de ce temps ont été assassinés pour faire taire cet espoir qu'ils portaient tous les deux ...
Ma génération n'a jamais renoncé tout à fait à ces
espoirs fous ... celui du métissage autant que celui
de l'ascension sociale ... Dans une Amérique où
tout est censé être possible, l'incroyable a fini par
se produire ...

Même s'il ne faut pas idéaliser naïvement cette
élection surprise, l'espoir qu'elle a fait renaître est
porteur d'une réalité alternative à tout ce que les
générations passées ont connu ... à commencer
par la mienne ...

Restons réalistes et vigilants ... attendons de voir

Mais quelque part, au plus profond de notre être,
les membres de ma génération espèrent que le
dépositaire du "YES WE CAN" sera à la hauteur
des projets pour une nouvelle Amérique et donc,
indirectement, d'un nouveau sens des priorités
pour le monde ...

Loin des utopies, il y a les envies ...

Parce que j'ai envie d'y croire, je lui souhaite :

Bonne Chance ...


Conscience du Monde

# Posté le lundi 10 novembre 2008 07:00

8 - UN AIR DE PIANO VENU DE LOIN ... UN REVE D'ENFANT REALISE

8 - UN AIR DE PIANO VENU DE LOIN ... UN REVE D'ENFANT REALISE
Vacances de la Toussaint ... enfin un peu de calme et de repos pour tout le monde, élèves comme enseignants, question de recharger les batteries qui en ont bien besoin ... Au milieu de ce silence agréable, un mail venu de loin, d'un jeune (enfin plus vraiment) qui a réalisé son rêve ... être musicien ... loin des fausses solutions artificielles de la Télé-réalité (tout le monde aura compris l'allusion !). Pour devenir un vrai musicien et être reconnu comme tel, rien ne vaut les académies de musique, surtout les plus reconnues d'entre elles. Difficiles d'accès (et c'est un euphémisme !), souvent hors de prix il faut bien le dire, elles sont pourtant le creuset qui a formé les plus grands dans tous les styles musicaux. Parmi elles, il y a le prestigieux Berklee Colllege à Boston, l'antre incontournable de la soul, du jazz et du blues ... le lieu d'apprentissage de cet ex-léonardien devenu l'un des musiciens-arrangeurs du futur album de Shania Twain ... Quel parcours depuis ses années Lycée ... L'enfant a grandi mais, visiblement, il n'a rien oublié ...


Lui, le jeune homme un peu mélancolique au regard si profondément bleu, déjà enfant prodige de la musique, il a pris tous les risques. Celui d'une audition à la MAI à Nancy ... antenne française du Berklee College, question de tester son véritable niveau lorsque ce sont des oreilles de professionnels qui l'évaluent. La réussite à l'audition, l'emprunt bancaire inimaginable pour un jeune homme de 18 ans, question de financer ses études à Boston (alors qu'il aurait pu les faire à Nancy, mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?), les années là-bas où il a vécu son rêve malgré les exigences des professeurs qui sont de véritables professionnels et puis la fin des études musicales ... l'expérience "magique" dans les ex-studios de la MOTOWN et le reste a suivi ... jusqu'au récent contrat avec Shania Twain. L'enfant rêvait que la musique soit toute sa vie et c'est exactement ce qui lui arrive ... même ses moments de détente, il les passe dans une boite de jazz quelque part à Boston où il a finalement emménagé. Il est devenu l'adulte dont il rêvait ... quoi désirer de mieux ?

Mais, pour autant ...

Il n'a rien oublié de son expérience de Lycéen malgré les 7 années qui se sont écoulées. Lui, l'enfant à la jeunesse bousculée par la vie, il n'a pas oublié combien la musique a pu l'aider. Je n'ai pas davantage oublié ces moments où il exerçait tout son talent sur l'ersatz de piano (désaccordé) qui trônait (et trône encore d'ailleurs) dans l'amphithéâtre de notre lycée. Ce petit prodige, doté d'une oreille absolue phénoménale et d'une rapidité d'écriture musicale qui me faisait pâlir, m'a fait partager ses créations musicales et cela nous donnait ainsi l'occasion de discuter de choses et d'autres. Ce jeune homme, comme bien d'autres depuis, a appris que les larmes n'étaient que l'expression d'une douleur qui "voulait sortir". Il a compris aussi combien rester à l'écoute de ses sensations et laisser s'exprimer ses émotions sont de véritables cadeaux pour un musicien et c'est, peut-être, pour ça, que sa "french touch" est aujourd'hui appréciée par les studios américains. Dans son mail plein de passion et de reconnaissance, j'ai lu toute la ferveur d'un jeune homme content de s'accomplir chaque jour davantage. Et, bien entendu, pour exprimer pleinement cette ferveur, il avait joint à son mail, un fichier musical et pas n'importe lequel ... un morceau de piano qui m'a ramené 7 années en arrière à l'époque où il me l'avait joué la première fois. Le jeune homme est devenu un artiste talentueux mais il n'a pas oublié les "notes" de sa jeunesse ... ces compositions personnelles qui l'ont justement aidé à grandir et ont forgé une partie de ce talent qu'il a aujourd'hui ... Ce morceau de piano venu d'Outre-Atlantique fait du bien à l'âme du professeur que je suis ... Dès que j'en aurai l'occasion, il faudra que j'aille l'écouter dans la boite de jazz, je sens que je vais adorer ce moment-là ...

Témoignage de la force des rêves ...

Et d'une volonté d'acier pour les jeunes d'aujourd'hui ce qui justifie cet article. J'en ai entendu des jeunes qui m'ont dit ( ou m'ont fait comprendre) que certains cursus n'étaient pas faits pour eux ... Dommage d'abandonner aussi vite, jeunes gens, surtout lorsqu'on a le potentiel. Ce jeune homme-là croyait en ses rêves et s'est battu pour qu'ils se réalisent. Issu d'un milieu des plus modestes (et c'est le moins que l'on puisse dire !), il ne s'en est pas laissé compter. Il n'a écouté ni les réalistes pessimistes qui lui disaient que ce type d'études n'était pas fait pour quelqu'un comme lui ni les oiseaux de mauvaises augures qui répétaient que "musicien" est un délire d'adolescent mais pas un métier en tant que tel ou, pour le moins, qu'il est réservé à une élite plus ou moins cooptée dans le monde de la musique.
Certes, il n'était pas issu de la voie royale (type Conservatoire) ... Certes il avait tout à prouver en tant qu'autodidacte ... Certes il n'avait pas les moyens financiers de ses ambitions ... Certes l'image d'un musicien est bien plus souvent celle d'un saltimbanque sans le sou que celle d'un artiste de talent ... Tout cela il le savait et je m'étais chargé de lui rappeler mais Rien n'a suffi à l'arrêter et quand je lis aujourd'hui son mail et le "feu intérieur" qui en émane, je me dis que la volonté d'un jeune homme d'à peine vingt ans peut effectivement déplacer des montagnes. Comme le dirait (ou l'écrirait) un grand jeune homme qui se reconnaîtra peut-être, il suffit souvent de mettre quelque part dans un coin de sa tête une idée puissante "faut qu'on s'en sorte" et puis se donner les moyens d'accomplir ses rêves car effectivement ... rien ne tombe du Ciel, tout est surtout une question de travail et d'efforts ce qui vous rend d'autant plus méritants ...


Un petit aparté personnel sur un jeune homme dont je suis content qu'il réalise ses rêves au quotidien car cela permet de croire que l'on peut encore faire tourner la roue du destin grâce à la volonté et aux efforts que l'on produit. Au delà des certitudes et des lois sociales, il existe une marge de manoeuvre et c'est dans cet étroit corridor qu'il faut se glisser, jeunes gens.

Vouloir plus et faire de son mieux pour ne rien regretter ...

Conscience du monde
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# Posté le mardi 28 octobre 2008 07:18

Modifié le mardi 28 octobre 2008 07:34